Pas le temps de tout lire ? Voici un bref résumé.
- Les grands essais GEM et GuidAge n’ont pas montré que le ginkgo prévenait la démence ou la maladie d’Alzheimer.
- Les résultats sur la mémoire des adultes en bonne santé restent insuffisants pour établir un bénéfice net.
- Un effet sur la microcirculation cérébrale a été observé dans une petite étude, sans preuve d’une amélioration cognitive correspondante.
- Le ginkgo peut interagir avec des traitements qui influencent la coagulation ; les extraits étudiés ne sont pas équivalents aux poudres de feuilles.
Ginkgo biloba : une plante ancienne, des preuves Ă examiner
Originaire de Chine, le ginkgo biloba est cultivé depuis des siècles et souvent présenté comme un soutien de la mémoire et de la circulation. Sa réputation repose en partie sur des mécanismes biologiques plausibles, mais les essais cliniques de longue durée donnent une image plus nuancée.
Les recherches portent surtout sur des extraits de feuilles standardisés, notamment EGb 761. Leurs résultats ne peuvent pas être automatiquement transposés à n’importe quel complément vendu sous le nom de ginkgo.
Composition du ginkgo et mécanismes étudiés
Les extraits standardisés étudiés contiennent généralement des flavonoïdes et des terpénoïdes, dont les ginkgolides et le bilobalide. Les proportions varient selon la préparation ; EGb 761 est notamment standardisé autour de 24 % de flavonoïdes et de 6 % de lactones terpéniques.
En laboratoire, les flavonoïdes présentent une activité antioxydante. Les ginkgolides peuvent agir sur le facteur d’activation plaquettaire, une molécule impliquée dans l’agrégation des plaquettes. Ces effets contribuent à l’hypothèse d’une influence sur les vaisseaux, mais un mécanisme observé en laboratoire ne démontre pas un bénéfice clinique sur la mémoire.
Microcirculation cérébrale : un signal physiologique limité
Une petite étude d’imagerie menée auprès de neuf hommes en bonne santé a observé une hausse du flux sanguin dans certaines régions cérébrales après la prise de ginkgo. Cet indicateur décrit la circulation mesurée, pas une amélioration démontrée des capacités cognitives au quotidien.
La distinction est importante : une variation de perfusion ne permet pas, à elle seule, de conclure que l’apprentissage ou la mémoire s’améliorent. Les données disponibles ne justifient donc pas de présenter le ginkgo comme un moyen établi d’optimiser la cognition.
Ginkgo biloba et mémoire : ce que montrent les essais
Deux grands essais randomisés ont évalué si l’extrait standardisé pouvait retarder l’apparition d’une démence. Dans l’étude GEM, 3 069 personnes âgées de 75 ans ou plus ont été suivies pendant environ six ans. Le ginkgo n’a pas réduit significativement l’incidence de la démence par rapport au placebo.
L’essai français GuidAge a suivi 2 854 personnes âgées de 70 ans ou plus qui signalaient des difficultés de mémoire. Après cinq ans, il n’a pas montré de différence statistiquement significative concernant l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Ces résultats ne confirment pas un effet préventif chez les populations étudiées.
| Étude | Population et durée | Résultat principal |
|---|---|---|
| GEM, DeKosky et al., 2008 | 3 069 personnes de 75 ans ou plus, environ 6 ans | Pas de réduction significative de l’incidence de la démence |
| GuidAge, Vellas et al., 2012 | 2 854 personnes de 70 ans ou plus, 5 ans | Pas de différence significative sur l’apparition de la maladie d’Alzheimer |
| Mashayekh et al., 2011 | 9 hommes en bonne santé, 4 semaines | Variation du flux sanguin observée en imagerie ; portée clinique incertaine |
| Sereda et al., revue Cochrane, 2022 | Études sur les acouphènes, 1 915 participants au total | Les données ne démontrent pas d’efficacité lorsque l’acouphène est la plainte principale |
Chez les adultes en bonne santé, aucun effet important sur la mémoire n’est établi par des essais de grande ampleur. Pour comprendre les différentes approches étudiées autour de la cognition, la page sur le soutien naturel de la mémoire peut servir de point de comparaison, à condition de distinguer les hypothèses des résultats humains.
Autres effets étudiés : anxiété et acouphènes
Un essai contrôlé de petite taille, mené auprès de 107 personnes présentant des symptômes anxieux, a rapporté une baisse des scores d’anxiété après quatre semaines. Ce résultat reste limité à une étude et ne suffit pas à établir un effet généralisable ni à faire du ginkgo une prise en charge de l’anxiété.
Pour les acouphènes, la revue Cochrane publiée en 2022 n’a pas trouvé de preuve convaincante d’efficacité lorsque les sifflements constituaient le problème principal. Les résultats ne soutiennent donc pas les promesses commerciales qui attribuent à la plante un effet fiable sur ce symptôme. Des repères complémentaires sont disponibles sur les causes possibles des oreilles qui sifflent.
Extraits standardisés et précautions d’usage
Les essais cliniques ont principalement étudié des extraits standardisés, à des doses et sur des durées définies par leurs protocoles. Les quantités rapportées dans la littérature varient selon l’objectif et l’étude ; elles ne constituent pas une recommandation individuelle. Une poudre de feuilles ou un extrait dont la composition n’est pas précisée ne peut pas être considéré comme équivalent à EGb 761.
- Interactions possibles : les propriétés du ginkgo concernant l’agrégation plaquettaire soulèvent une prudence particulière avec les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires.
- Intervention chirurgicale prévue : la prise de ginkgo doit être signalée à l’équipe de soins, qui pourra évaluer la conduite adaptée au contexte.
- Qualité du produit : l’étiquetage doit permettre d’identifier la partie de plante utilisée et la standardisation de l’extrait.
- Tolérance : des effets indésirables tels que des maux de tête ou des troubles digestifs sont rapportés ; leur fréquence et leur intensité peuvent varier.
En cas de traitement en cours, de maladie chronique ou de situation particulière, l’évaluation des interactions relève d’un professionnel de santé. Les compléments alimentaires ne remplacent ni un suivi ni les habitudes associées à la santé cognitive, comme un sommeil régulier et une activité physique adaptée.
Le ginkgo biloba possède des mécanismes biologiques étudiés, notamment en lien avec la circulation, mais leur portée sur la mémoire reste incertaine. Les essais GEM et GuidAge n’ont pas montré de prévention significative de la démence ou de la maladie d’Alzheimer. Les résultats sur d’autres usages sont limités et varient selon les études. Les interactions avec les traitements influençant la coagulation appellent une prudence particulière. Ce contenu est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
